vendredi 19 novembre 2010

Éthique et politique, et justice.

Raymond Aron disait que le choix en politique n'est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable. Récemment, en politique, l'éthique est passé du détestable au préférable. Ce qui est très bien. Cela veut dire que la tolérance, la complaisance et l'aveuglement volontaire envers les pratiques passées n'ont plus leur place. Mais là où je n'embarque pas c'est lorsque la tolérance aveugle fait place à l'intolérance aveugle. Il semble que nous soyons passé d'un extrême à l'autre sans avertissement. Il y a peu, on ne posait pas de question sur rien — on tolérait voire même on encourageait ces comportements qui aujourd'hui sont considérés comme non éthique — alors qu'aujourd'hui on questionne à la fois tout et rien du tout; et ce sans même se poser de question sur la valeur ou la crédibilité de nos questions. Nous sommes passé de la tolérance complice à l'intolérance inquisitrice où on porte des accusations, on juge et on condamne instantanément sans preuve aucune et surtout sans permettre à l'accusé de se défendre ni même de dire un mot (sortons la bonne vieille corde de pendu tant qu'à y être).

ATTENTION! Porter des accusations à gauche et à droite sans preuves N'EST PAS UN COMPORTEMENT ÉTHIQUE. C'est un déni de justice. L'éthique n'est pas une religion, une doctrine ou une idéologie. On ne peut pas bâtir une dictature de l'éthique car ces deux concepts sont contraires. On ne peut se draper d'un foulard blanc (ou d'un brassard blanc), suggérant que l'on est sans reproche, tout en accusant sont adversaire politique de collusion voire même de corruption sans même avoir de preuve. On demande justice alors qu'on la refuse à ceux que nous accusons et condamnons. C'est carrément immoral et malhonnête; et non éthique.

Selon le Petit Larousse, l'éthique est la «partie de la philosophie qui étudie les fondements de la morale»; «l'ensemble des règles de conduite». Notre conduite envers les criminels est beaucoup plus respectueuse (je dirais même éthique) qu'envers les politiciens. On ne porte pas d'accusation sans preuve et on utilise le conditionnel lorsque l'on parle des actes pour lesquels ils sont accusés (l'accusé aurait commis tel geste). Et les criminels ont droit à la présomption d'innocence ainsi qu'à une défense pleine et entière. Cette éthique et ce respect n'existent tout simplement pas en politique.

En droit, en matière de justice, il existe un principe qui veut que nul ne peut ignorer la loi; une personne ne peut utiliser comme défense le fait qu'elle ne connaissait pas la loi. Partant du même principe, les lois adoptées doivent être connues pour être valide. Toujours selon ce même principe, une personne ne peut être accusée de ne pas avoir respecter une loi qui n'existait pas au moment où elle a commis l'acte qu'on lui reproche. Pour faire simple, on ne peut accuser quelqu'un d'avoir violé, hier, une loi que l'on a adoptée aujourd'hui. C'est la même chose pour l'éthique. On ne peut accuser une personne de ne pas avoir respecter dans le passé des règles d'éthique qui n'existaient pas à l'époque. Ce n'est tout simplement pas éthique, et complètement immoral; d'un point de vue éthique.

On m'a déjà fait la remarque que tous les politiciens sont des voleurs et des menteurs. J'ai répondu à cette personne que de la façon dont on traite les politiciens, il n'est pas surprenant qu'il y ait seulement des voleurs et des menteurs qui veulent faire de la politique.

J'ai tenté de lire un livre (très aride) qui s'intitulait «La logique de l'État». Je ne me souviens plus du nom de l'auteur, mais celui-ci tentait de démontrer que nous avons les gouvernements que l'on mérite. Nous sommes en démocratie. Démocratie veut dire le pouvoir du peuple par le peuple. Et lorsque l'on compare l'ensemble de nos politiciens, tous partis confondus, avec l'ensemble de notre population, nous sommes très bien représentés. Une grande majorité de gens honnêtes et une petite minorité de présumées crapules. Et un peu (trop à mon goût) d'agitateurs publics.

Et que dire du travail de l'opposition? Brasser de la marde pour brasser de la marde sans même essayer de présenter une seule tentative d'essai de simili imitation d'une ébauche de solution; ça ne vole pas très haut. Et, au risque de me répéter, ce n'est pas un comportement très éthique. C'est plutôt immoral (j'utilise le concept de la moralité avec réserve car il est très difficile de déterminer ce qui est moral et ce qui ne l'est pas; il n'existe pas de consensus sur le sujet; ni d'ailleurs sur le concept d'éthique). En parlant de l'opposition, je ne vise pas le Parti québécois, l'ADQ ni Québec Solidaire en particulier. Il me semble que tous les partis qui se retrouve dans l'opposition perdent un peu de leur jugement et, encore aujourd'hui, de leur sens éthique. Nous n'avons qu'à nous rappeler du comportement du PLQ alors qu'il était dans l'opposition. Ça ne volait pas très haut non plus.

En politique, tout comme dans la vie en général, la modération à bien meilleur goût. C'est un pensez-y bien. Penser, réfléchir, réflexion, matière à réflexion (action de réfléchir et non pas le phénomène physique où des ondes ou des particules se réfléchissent sur une surface).

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