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samedi 6 novembre 2010

Machiavel

Avez-vous lu Machiavel? Si vous avez une opinion négative à son sujet, ce n’est probablement pas parce que vous avez lu un de ses ouvrages, mais plutôt parce que son nom a mauvaise réputation. Une mauvaise réputation faite par ses adversaire de l’époque qui, eux-mêmes, n’avaient pas lu ses écrits (ou ne les avaient pas compris). Son livre le plus connu, ou devrais-je dire le plus méconnu, est Le Prince. Écrit en 1513, cet œuvre se voulait un guide sur l’art de gouverner destiné à Laurent de Médicis, qui régnait sur Florence, une des principautés d’une Italie divisée. On dit de cet ouvrage que les conseils prodigués par Machiavel sont dénués de tout scrupule et de tout moralisme. À vous de jugez. Je vous offre une petite citation tirée de ce livre au chapitre XX :

«La meilleure forteresse au monde est l’affection du peuple. Si tu as les pierres sans avoir les cœurs, elles ne suffiront point à te protéger, car s’il prend les armes contre toi, le peuple ne manquera jamais de secours extérieurs».
Le Prince, Machiavel, Librairie Générale Française, Le Livre de Poche, 1983, p. 115 


Si cette citation vous porte à réfléchir sur Machiavel et à remettre en question les idées reçues et préjugés que vous avez sur lui, j’aurai atteint mon but. C’est d’ailleurs l’objectif que je me suis fixé pour ce blogue; faire réfléchir, remettre en question les idées reçues, les préjugés et autres opinions courantes, et parfois simplistes, que l’on adopte souvent sans y penser. Démontrer qu’il y a plusieurs côtés à une médaille; plus que les deux que l’on imagine car nous ne prenons pas le temps de nous attarder aux détails (épaisseur, reliefs, traits, aspérités, etc.) qui sont souvent très importants mais que l’on laisse de côté.

La politique est un art; la politique est aussi une science; une science enseignée dans les universités. Une science que l’on analyse, que l’on décortique, que l’on dissèque, que l’on construit et déconstruit.

Comme je l'ai déjà mentionné, ce blogue n’a pas pour but de vous montrer la voie, de dire les choses vrais, mais plutôt de vous faire réfléchir en vous apportant des informations complémentaires, des questionnements et des mises en contexte afin que vous puissiez vous-mêmes vous forger votre propre opinion. Tout ce que vous trouverez sur ce blogue, ce sont des observations d’un analyste politique ainsi que beaucoup de questions.

lundi 1 novembre 2010

Avons-nous perdu l'esprit?

Je me souviens d'un sketch du groupe humoristique «Les Cyniques» sur la différence entre les verbes réfléchi et irréfléchi qui allait comme suit: «Dans la phrase suivante: j'ai voté pour l'Union Nationale, le verbe est comme le sujet: irréfléchi». La capacité de réfléchir est donnée à tout le monde. Le problème, c'est que certains en on perdu le mode d'emploi.

On ne prend plus le temps de réfléchir, on se contente de répéter ce que l'on a entendu sans se demander si cela faisait du sens ou non. Et si on ose demander à réfléchir sur la question ou si on ose nuancer une position, on se fait traiter d'élitiste, ou, pire encore, de libéral, quand ce n'est pas carrément d'intellectuel. Peu importe le sujet, ce sont souvent les positions les plus extrêmes qui sont tenues pour vrais. Même si elles ne font aucun sens.

Pour réfléchir, il faut savoir écouter. Écouter ce que l'autre a à dire, mais aussi s'écouter. Pour réfléchir, il faut savoir questionner, et aussi savoir se questionner. Et se remettre en question. Il faut éviter les réponses toutes faites, surtout celles de gens qui ne veulent pas qu'on les questionne. Il faut se méfier de ceux qui prétendent avoir la vérité. Il en existe plus d'une. C'est très sain d'être en désaccord. Ça prouve que l'on a réfléchi. Et c'est très sain de ne pas savoir, ou de ne pas avoir d'opinion. Ça démontre que l'on a n'a pas terminé la réflexion.

Il faut faire attention aux associations d'idées (ou de mots) trop facile. Exemple, dans le deuxième paragraphe, combien d'entre vous ont associé automatiquement le mot ''libéral'' au ''Parti libéral''? Je parie que vous ne vous êtes même pas posé la question, que vous n'y avez pas pensé. Il y a pourtant un autre sens au mot libéral, sens qui est à l'origine du nom de ce parti. Pour ceux qui ne le saurait pas, la définition du mot libéral est, d'après le Petit Larousse: «favorable aux libertés individuelles, à la liberté de penser».

Il ne faut pas avoir peur de pousser plus loin la réflexion. On pourrait faire de belles découvertes. Les idées toutes faites, les idées arrêtées et les préjugés sont des freins à nos réflexions.

Réfléchir, ça ouvre l'esprit, et ça nous permet de respirer ... par le nez. C'est un pensez-y bien.