vendredi 29 octobre 2010

Le financement des partis politiques.

On réclame des modifications aux règles de financement des partis politiques au Québec. Certains voudraient voir la cotisation maximale être réduite à 100 $ par an, alors que d'autres, moins nombreux, voudraient un retour d'une participation des entreprises à leur financement. Il y en a même qui veulent que le financement populaire soit carrément aboli et que les partis soient financés uniquement par l'État. Toutes ces positions sont valables. Mais avant de les accepter ou de les rejeter, il faudrait savoir ce que nous voulons, et ce que nous ne voulons pas.

Voulons-nous une plus grande participation des citoyens à la vie politique? C'est-à-dire aux débats qui se font dans les partis, ainsi qu'aux élections? Présentement, ce n'est pas le message que l'on transmet. En scrutant à la loupe les listes de donateurs de chaque parti et en les traitant presque de suspect d'une collusion quelconque ou de trafic d'influence à venir, on décourage la participation citoyenne. On soupçonne tout ceux qui voudraient donner de l'argent à un parti de le faire en fonction uniquement d'un éventuel retour d'ascenseur.

Est-ce que, aujourd'hui en 2010, un individu ou une entreprise qui donnerait de l'argent à un parti politique, selon les règles, le fait seulement dans le but de profiter d'un retour d'ascenseur? Et, si oui, l'argent donné lui garantira-il ce retour d'ascenseur? Malgré les nombreuses allégations qui ont circulé dans les médias, on a pas fait la démonstration, hors de tout doute raisonnable, que les dons aux partis politiques menaient automatiquement à des retours d'ascenseur. Regardons du côté américain où les entreprises et les citoyens peuvent donner sans limites aux partis politiques. Si les dons qu'ils font au partis leur assuraient automatiquement ces retours d'ascenseur, pourquoi continuent-ils de dépenser des fortunes à des firmes de lobbyisme pour faire avancer leur dossiers auprès des instances gouvernementales? C'est trop simpliste comme raisonnement.

Et si l'on va de l'autre côté en abolissant le financement populaire des partis politiques et en confiant ce financement uniquement au gouvernement; ne risque-t-on pas de couper les partis de leur base, c'est-à-dire de leur militant? Faisant de ces partis des groupes d'intérêts fermés qui ne dépendent plus de leur membres pour exister et qui n'ont plus besoins de les consulter pour décider de leurs orientations?

La démocratie, c'est le pouvoir du peuple par le peuple. Et le peuple, c'est tous les citoyens; du chômeur au professeur, en passant par le fonctionnaire et le haut dirigeant d'entreprise. Chacun devrait avoir droit de parole et être encouragé à participer à la vie politique. Les grandes entreprises (on leur demande d'être des bons citoyens corporatifs, mais on ne veut pas qu'ils participent à cette même société) tout comme les simples citoyens ont leur mot à dire dans le développement de la société. Si tout le monde était invité à participer au développement, nous pourrions peut-être retrouver une meilleure cohésion sociale plutôt que les éternels affrontements stériles qui nous divisent.

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