Je n'avais jamais entendu parler de schiste avant que le fameux gaz n'enflamme les débats sur cette source d'énergie que l'on aurait en très grande quantité dans notre sous-sol. Pourtant, on utilisait des lampes à schiste pour s'éclairer vers la fin des années 1800. C'est ce que j'ai découvert en lisant Thérèse Raquin, roman d'Émile Zola publié en 1867.
Pour ou contre l'exploitation du gaz de schiste? Là n'est pas la question. Comment et par qui se fera l'exploration et l'exploitation? Telles sont les questions que l'on doit se poser. Je crois que si l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste, ou une autre forme d'énergie fossile, étaient faites selon les règles de l'art d'aujourd'hui et que toutes les précautions pour préserver l'environnement et la santé publique étaient prises, il y aurait peut-être moins d'opposition. Et moins de catastrophes.
Le problème, c'est que les compagnies pétrolières et gazières ne fonctionnent pas selon les règles de l'art d'aujourd'hui. Elles ont une approche plutôt archaïque; du moins c'est l'image qu'elles projettent. Quand on leur parle de risque pour l'environnement, elle réplique en parlant de profits et de création d'emplois. Ça fait assez années 1970 comme raisonnement.
Après avoir été condamnée à payer 3 millions de dollars d'amendes pour la mort de plus de 1600 canards dans ses bassins de décantation en 2008, la firme Syncrude est aux prises avec un autre épisode semblable. Ce que la compagnie à trouver comme excuse: une chute de température ayant causé de la pluie verglaçante qui a ''forcé les canards à se poser dans le bassin de décantation de résidus de sables bitumineux''. Je ne sais pas si vous avez vu les images à la télévision, mais je crois que le terme « bassin » n'est tout simplement pas approprié. J'emploierais plutôt le mot « lac ». C'est immense comme superficie. Pourquoi ces bassins sont-ils aussi grands? Ça rend la tâche d'empêcher les oiseaux de s'y poser quasi impossible, surtout lorsqu'il y a de la pluie verglaçante. Et pourquoi ne pas traiter ces résidus au fur et à mesure? Réponse des années 1970: ça coûte trop cher.
Les compagnies gazières et pétrolières font d'énormes profits (je n'ai rien contre). Et je suis sûr que si elles prenaient les mesures et précautions nécessaires pour préserver l'environnement, leurs marges de profits ne seraient même pas entamées, bien au contraire. La technologie existe et ces compagnies en ont les moyens. Il leur manque simplement la volonté de se mettre à jour.
L'opposition dont fait face l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste est surtout due au manque de confiance de la population envers l'industrie pétrolière et gazière. En adoptant une approche plus moderne, plus à jour, elle gagnerait plus d'appuis qu'avec des campagnes publicitaires fort coûteuses. Ces campagnes publicitaires sont très bien faites, mais elles n'arrivent pas à cacher toutes les infractions aux différentes règles environnementales commises par cette industrie et aux problèmes environnementaux qu'elle cause.
Deux leçons à retenir pour industrie gazière et pétrolière:
1. Les actions, ou inactions, parlent plus fort que les communications.
2. Mieux vaut prévenir que guérir (parlez-en à BP).